Ce titre, quelque peu racoleur, peut surprendre mais c'est le genre de phrase qu'on s'est forcément dit au moins une fois en constatant les déchets sur sa carte mémoire après une sortie photos. Essayons ensemble de relativiser tout cela.

J'ai eu envie de faire ce post quand j'ai lu un article sur le travail effectué par Pete Souza, le photographe officiel de Barack Obama lorsqu'il était président.

Parfois, on n'a pas trop d'inspiration concernant la composition de nos photos mais ce qui est pire, c'est d'avoir une idée, la réaliser et se rendre compte de retour chez soi que rien de ce que l'on a fait n'est potable.

Hormis l'aspect purement subjectif de la chose, ne rien avoir de correct après une sortie photos ou on a réalisé une centaine de clichés peut être très frustrant et très démoralisant. On peut même se remettre en question que l'on soit photographe pro ou amateur (comme je le suis).

Le travail de Pete Souza

Passons en revue quelques photos de Souza :


Crédit : Pete Souza

Je trouve cette première photo, artistiquement parlant, intéressante. Le photographe a su figer les trainées de pluie et le regard intense et concentré d'Obama en plein discours. C'est comme si, même trempé, rien ne pouvait le déconcentrer. Pour moi, Souza a réussi à capter un vrai moment intense et faire ressortir la détermination de son président.


Crédit : Pete Souza

Cette seconde image est pour moi assez fade. Si on met de côté Obama, ça pourrait tout à fait être une photo de magazine pour un home cinéma. A part peut être l'opposition du rouge et du bleu, l'interêt ne réside que du fait que le président américain avec la stature et le sérieux qu'on lui connait soit un peu avachi et porte des lunettes 3D.


Crédit : Pete Souza

On enlèvera pour cette troisième image la symbolique des trésors supposés se trouver au pied d'un arc-en-ciel. Pas de politique ici :) La photo est vraiment chouette. On a très peu de couleurs différentes et le président dans l'ombre de l'avion. Et c'est comme si son bras levé "générait" l'arc-en-ciel qui déchire le ciel uni. C'est très réussi !


Crédit : Pete Souza

Encore une fois, pour cette quatrième image, le fait que ce soit Obama qui joue avec un enfant à la maison blanche, rend l'image vraiment chouette. Mais pas que ! Les sujets (Obama et l'enfant) sont superbement bien placés. Je parlerai dans un futur article de la composition et plus spécifiquement de la règle des tiers. On peut vraiment bien imaginer le fil lancé par le petit Spider man qui vient percuter Obama. Mais le coup du sujet qui se reflète dans le miroir... C'est juste génial. On arrive à voir sur une image, l'action d'un personnage sous différents angles.

Oui... ben je suis pas prêt de faire ça moi...

C'est le point central de cet article. Là ou je voulais en venir. Pete Souza a publié environ quarante de ses photos sur Obama.

Le photographe est resté six ans avec le président et durant ce temps il a pris environ 2 millions de photos ! Oui, vous avez bien lu. Ca fait entre 600 et 1000 clichés par jour. On mettra de côté les fois ou pour des raisons de secret défense, il n'a pas pu publier les photos mais c'est infime. Je vous laisserai d'ailleurs voir la photo de la réunion ou il assiste en live à la capture de Ben Laden avec son état major : Incroyable.

Si le photographe officiel du président, un photographe pro avec beaucoup d'expérience, ne sort "que" quarante photos qu'il estime être la crème de la crème sur 2 millions, vous pouvez arrêter de vous flageller en revenant des bois le dimanche après-midi.

Il n'est pas du tout question ici de dénigrer le travail ou la façon de travailler de Souza mais d'aider à relativiser ce que vous faites. Le ratio de photos publiées par Souza est de 0.00002...

Je ne fais de la photographie que depuis peu mais personne ne pourra dire le contraire : La photographie, c'est de la préparation, de l'anticipation mais il y a des facteurs aléatoires qu'on ne maîtrise pas et heureusement ! Sinon nous n'aurions plus de photos extraordinaires.

Quand vous aurez un petit coup au moral, repensez donc à tout ça.

Pete Souza - Crédit : Charles Dharapak/Associated Press