Ça faisait longtemps que je voulais en parler et c'est à mon avis quelque chose de primordial quand on débute en photographie. Comprendre le triangle d'exposition.

1. Tout est lumière

En photo, outre la composition, ce qui fait que votre cliché est réussi ou non, c'est son exposition. Vous avez peut être déjà expérimenté le fait d'avoir une photo plus sombre que vous ne l'auriez souhaité. On dit que la photo est sous exposée.

Dans le cas contraire, quand il y énormément de luminosité à cause du soleil par exemple (et qu'on se place n'importe comment), la photo est sur exposée. C'est quand on ne voit pas grand chose tellement la photo est innondée de lumière. Dans les deux cas, ce n'est pas ce qu'on souhaitait, et ce n'est pas toujours rattrapable en post-traitement.

Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'une photo, en gros, c'est de la lumière qui rentre par votre objectif et va venir "frapper" le capteur. Il va falloir contrôler cette entrée de lumière afin d'avoir la quantité raisonnable désirée pour avoir une photo correcte.

2. Dompter la lumière

Notre Réflex va nous permettre de plus ou moins dompter la lumière grâce à trois paramètres qui composent le fameux triangle d'exposition. Il y a l'ouverture, la vitesse et la sensibilité.

Petite précision, en mode automatique, notre réflex va tout faire pour ajuster tout seul, comme un grand, ces trois paramètres. A quoi bon se prendre la tête me direz-vous ?

Déja, je trouve intéressant de comprendre comment fonctionne son appareil mais surtout, plus on va évoluer, plus on va avoir besoin de sortir du mode automatique pour se diriger vers le manuel. Et là, c'est beaucoup plus intéressant car c'est vous qui contrôlez tout !

Un petit exemple, mon premier post consacré au nightscape explique clairement que réaliser ce type de photos en mode automatique est totalement impossible. Il faut faire des réglages assez précis de ces trois paramètres pour pouvoir photographier les étoiles.

3. L'ouverture

On agit ici sur le diaphragme. Il s'agit d'un ensemble de lamelles entrecroisées à l'entrée de votre objectif.

Au centre, un trou laisse rentrer la lumière. Plus le diaphragme est ouvert, plus le trou est grand et donc plus de lumière rentre dans l'objectif. A l'inverse, vous l'aurez compris, le trou devient plus petit et par conséquent, moins de lumière pénètre dans l'objectif.

Par convention, l'ouverture est notée ainsi : f/3.5 .Plus la valeur est petite, plus l'ouverture est grande (beaucoup de lumière passe) et plus le chiffre est grand, plus l'ouverture est petite. C'est un peu déroutant au début mais on s'y fait vite. Une ouverture de f/3.5 va donc laisser plus de lumière rentrer qu'une valeur f/13.

f/3.5 - 1/8s - ISO 100

f/8 - 1/8s - ISO 100

On voit bien que le deuxième cliché avec une ouverture à f/8 est plus sombre que le premier et son ouverture à f/3.5.

4. La vitesse

Ce qui nous intéresse ici, c'est de contrôler la durée d'exposition. Quand vous prenez une photo avec votre réflex, vous entendez un clic-clic. C'est le bruit que fait l'obturateur.

La lumière qui pénètre dans votre objectif va venir frapper le capteur, vous vous souvenez ? Et bien devant ce capteur, pour le protéger en quelque sorte, il y a l'obturateur. Lors du déclenchement de la prise d'une photo, l'obturateur s'enlève pour que la lumière percute le capteur puis se repositionne pour le protéger à nouveau.

La vitesse correspond à la durée pendant laquelle le capteur ne sera plus protégé. Je vous laisse déduire ce qu'il se passe si la durée est très courte (200ms)... Moins de lumière aura le temps de percuter le capteur par rapport à une durée de 2s. Si vous mettez par exemple 2s, vous allez entendre un premier clic. Vous pouvez compter deux secondes à haute et intelligible voix et vous entendrez le second clic.

Une prise de photo avec une vitesse élevée permet aussi une plus grande netteté si vous désirez photographier un évènement rapide comme un sprinteur en train de courir.

Un temps d'exposition long peut permettre de photographier par exemple des étoiles (il faut emmagasiner un maximum de lumière) ou de faire du light painting

f/3.5 - 2s - ISO 100

f/3.5 - 1/200s - ISO 100

Si si, il y a bien quelque chose sur la seconde photo. La durée d'exposition est tellement faible (1/200s) que très peu de lumière est rentrée. A l'inverse, sur la première photo, en 2s, beaucoup plus de lumière a pu rentrer.

Phénomène intéressant, vous pouvez constater un léger flou sur la première image : ceci s'explique par le fait qu'à main levée, avec une durée de 2s, on bouge forcément un peu.

5. La sensibilité

Elle s'exprime en ISO. Elle définit comment le capteur va être sensible à la lumière. En pleine journée, une valeur commune est de 100 à 150. Sur mon D5500 par exemple, je peux monter à 25'600.

Typiquement, pour des photos de nuit, on peut monter les ISO. Mais attention, on va avoir du bruit dans la photo. Ca se matérialise par plein de petits points.

f/3.5 - 1/50s - ISO 500

f/3.5 - 1/50s - ISO 1000

f/3.5 - 1/50s - ISO 2000

f/3.5 - 1/50s - ISO 8000

On constate que plus on augmente la sensibilité, l'image devient de plus en plus lumineuse.

Tester

Je vous promets que sortir du mode automatique vers le manuel pour "jouer" avec ces réglages est primordial. Ce qui fait peur au début c'est qu'on n'a pas la moindre idée de quoi faire.

Maintenant, avec ces explications vous devriez avoir une bonne base pour savoir quoi faire et surtout pourquoi. N'hésitez pas à tester. Le meilleur moyen est de prendre toujours la même photo mais en changeant ces réglages à chaque cliché pour observer les différences et voir ce qu'il se passe.